Cette page a été créée afin d'annoncer mon retrait fin janvier de la liste Europe Ecologie PACA pour les élections régionales 2010, et d'en expliquer les raisons.

Mon engagement militant de gauche m'apparaît en effet incompatible avec la coloration politique imposée par Laurence Vichnievsky. On trouve notamment en position éligible dans les Alpes Maritimes des personnes très clairement marquées à droite, tentant maladroitement, sans les renier publiquement, de faire disparaître de leur curriculum des attaches un peu gênantes pour leurs colistiers et colistières, et certainement bien plus embarrassantes pour les électeurs et électrices persuadé-e-s de voter pour un mouvement de gauche et proche de leurs préoccupations. Certaines références à des paradis fiscaux sont également troublantes.

De plus, ballotée par des échos contradictoires quasi-quotidiens pendant plusieurs semaines, j'ai bien peur que la démocratie et la transparence affichées dans les discours ne soient finalement qu'un leurre. Les votes répétés des militant-e-s de terrain dans les Alpes Maritimes (tête de liste incluse) n'ont jamais été acceptés par le staff dirigeant, qui a finalement imposé sa liste de candidats et candidates éligibles. Seule la notoriété de quelques personnalités de la société civile semble amener Europe Ecologie à choisir et classer ses « José Bové », sans aucune réflexion ni écoute sur le fond.

Gageons que ceux et celles qui m'ont soutenue, et se sont maintenu-e-s sur la liste malgré leur désaccord, auront bien du mal à être crédibles lors de l'alliance avec les autres forces de gauche autour de Michel Vauzelle lors du second tour - condition sine qua non pourtant posée par André Aschiéri pour accepter de conduire cette liste dans les Alpes Maritimes.

J'avais annoncé dès le début à mes interlocuteurs d'Europe Ecologie que je publierai une chronique de ma candidature, quelle qu'en soit l'issue - je vous la livre maintenant.

Teresa Maffeis (06.03.51.28.32)

Nice, le 14 février 2010

 

Europe Ecologie PACA :

au Royaume des juges,

la démocratie on gruge.

par Teresa Maffeis,

candidate malheureuse mais qui l'aura finalement échappé belle...

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Prologue

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« ...pas un centimètre de la planète n'est hors du capitalisme ! De nouvelles pratiques sont absolument nécessaires. Nous devons sortir des habitudes malsaines des partis hiérarchisés, où la politique est souvent celle des copains-coquins... »

(site internet d'Europe Écologie PACA – 26 janvier 2010)


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Acte I

La punaise verte et le renard.

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Depuis la création de l’AdN (Association pour la Démocratie à Nice – http://www.adn-nice.org) en 1991, j’étais, à l’approche de chaque échéance électorale, régulièrement approchée par divers mouvements politiques afin de figurer sur leur liste. Ces approches étaient parfois flatteuses, la seconde place sur une liste dans une élection majeure m’ayant même été promise par un grand parti de gauche. Côté terrain, de nombreux et nombreuses militant-e-s me poussaient également à réfléchir à ces opportunités. J’ai toutefois constamment refusé ces propositions, préférant de loin la lutte quotidienne de terrain aux confortables hémicycles souvent déconnectés des préoccupations citoyennes, et étant parfaitement consciente qu'en général seule ma « notoriété » publique semblait intéresser les requérant-e-s pour glaner ça et là quelques voix supplémentaires pouvant faire la différence et leur assurer un siège.

En cette année 2009, la donne avait quelque peu changé dans mon esprit : au vu de la mainmise du seul parti UMP sur la ville de Nice et le Conseil Général 06, le passage de la région PACA sous la coupe de cette pieuvre couleur azur promettrait le tissu social et culturel à l’asphyxie dans notre département. Il me semblait alors évident de devoir consacrer une partie de mon énergie à l’extension de mon action de terrain au niveau politique, en assurant ma présence dans une instance décisionnelle.

Dans le même temps, un mouvement promettait de faire la part belle sur ses listes à la société civile pour ces élections régionales : Europe Écologie, allié en la circonstance avec les Verts. A Paris, par exemple, Augustin Legrand (des Enfants de Don Quichotte) avait accepté de figurer sur leur liste et une réelle volonté de démocratiser l’accès aux responsabilités était affichée. Après quelques contacts en novembre dernier, j’acceptai finalement leur proposition en explicitant très clairement qu’à aucun moment je ne deviendrais membre du mouvement Europe Écologie (ou d'un autre parti) – préférant garder mon statut de membre de la société civile, et donc mon indépendance. Cet engagement sur une liste électorale n’était pour moi toutefois pas complètement indolore pour autant, puisque les statuts de l’AdN m’imposeraient alors de démissionner de son Conseil d’Administration dont je suis membre depuis 19 ans – mais, surtout, je perdrais sans doute auprès de certain-e-s cette image de militante totalement libre et indépendante.

Dès le départ, j’imposais une autre condition préalable à ma candidature : être en position éligible afin de rentrer de plein pied dans l’action politique et mener à bien concrètement des projets, et non de servir de prête-nom ou de potiche pour apporter une simple caution.

Bien vite, un interlocuteur chargé de l’intégration de la société civile au sein de la liste d’Europe Écologie me rencontrera et m’assurera de disposer d’une position éligible, en l’occurrence la 4ème place sur la liste des Alpes Maritimes conduite par André Aschiéri (la liste régionale étant conduite par Laurence Vichnievsky). Plusieurs membres d’Europe Écologie me témoigneront alors leur sympathie et leur satisfaction suite à cette annonce interne, qui sera d’ailleurs entérinée par les militant-e-s des Alpes Maritimes (à l’unanimité pour les Verts, et lors d'une assemblée générale des non-verts).







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Acte II

De la démocratie en Europe Écologie.

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Quelques jours plus tard (en fait, juste après le sommet de Copenhague de décembre dernier), des nouvelles contradictoires me parviennent : mes contacts locaux m’assurent toujours de leur soutien pour cette 4ème place, mais le staff Marseillais (en l'occurrence Bruno Delport, directeur général de Radio Nova et conseiller de Laurence Vichnievsky, ainsi que Sébastien Barles, attaché parlementaire de Michèle Rivasi) m’annonce par téléphone que je suis rétrogradée à la 6ème place (sans doute non éligible sauf si Europe Écologie arrive – très improbablement – en tête au terme du premier tour). Bien évidemment, on m'assure que cette 6ème place sera également éligible, avant de me déclarer dans la même conversation, face à ma résistance, que même en 4ème position je ne serais de toutes façons sans doute pas élue... va comprendre, Charles... Cette décision, qui visiblement incombe à l’entourage proche de Laurence Vichnievsky, remet donc en cause unilatéralement le vote des militants locaux, et par là-même l’image d'éthique et de transparence que la magistrate prétendait importer dans les procédés démocratiques en PACA. C’est elle la chef, point.

En échange de cette perte d’éligibilité, on me propose (par deux fois, au téléphone) la présidence de l’Observatoire des Libertés Publiques, une officine qui ne sert à rien (l’achat du nez de clown restant sans doute à mes frais), et qui n’existe d’ailleurs actuellement même pas… On ne manque évidemment pas de me préciser que ce poste est rémunéré. Le comité local 06, visiblement très en colère contre l’attitude autoritaire de la tête de liste régionale, me proposait, lui, une réelle fonction dans le développement de l’économie solidaire – une thématique qui me tient également à cœur. Plusieurs lettres et recours seront alors envoyés par les militant-e-s à leurs instances régionales et nationales – menaçant notamment de ne pas participer à une campagne qui commençait à tirer un peu trop sur la droite (dixit un candidat éligible inquiet) – rien n’y fera, Laurence Vichnievsky ajoutant même que « ceux qui ne sont pas d’accord peuvent partir » (un militant 06 lui demandant alors « d’arrêter de prendre la grosse tête » dans un message interne - qui restera comme beaucoup d'autres sans réponse). Douce dérive Sarkozyste : Laurence, on l'aime ou on la quitte... Il faudrait donc demander à André Aschiéri lui-même d'abandonner le navire, puisqu’il m’assurait dans un courrier personnel "Je suis très heureux que tu sois sur notre liste Europe Ecologie à une place éligible (la 4ème). Ton CV associatif et militant plaide largement pour toi. Je ne connais cependant pas notre rapport de force avec la tête de liste de la Région et "l'équipe" de Marseille. Je ferai le maximum, avec Serge Rodrigues et Joëlle Faguer, pour que tu sois à la place demandée par les Verts des Alpes-Maritimes. J'avais mis une condition pour conduire la liste des AM : avoir le mandat pour une liste unique au 2ème tour avec les listes de gauche autour de Michel Vauzelle qui a bien respecté ses élections pendant son mandat". C'est finalement une bien curieuse attitude de la part de la magistrate qui avait pourtant initialement clairement annoncé la couleur : elle se présentait aux élections régionales en PACA afin, en tant que femme libre, de s’imposer face aux hommes politiques corrompus et bardés de privilèges. Il semblerait toutefois que, dans l’euphorie déclenchée par le succès de sa collègue Eva Joly aux élections Européennes de juin 2009, ainsi que par la remise de la Légion d’Honneur par Sarkozy lui-même au mois d'octobre, elle ait finalement confondu « mani pulite » (mains propres, en italien) et « manu militari » (coup de pied au cul, en norvégien).

View full sized Teresa, dans le Vieux-Nice%0dDécembre 2009

Europe Ecologie

PACA :

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au Royaume des juges, la démocratie on gruge.
Une autre enquête menée de l'intérieur.

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